Oligospermie et asthénospermie : causes et traitements
La tératospermie (anomalies morphologiques des spermatozoïdes) et l’asthénospermie (baisse de la mobilité spermatique) sont deux troubles fréquemment associés à l’oligospermie (concentration anormalem
La tératospermie (anomalies morphologiques des spermatozoïdes) et l’asthénospermie (baisse de la mobilité spermatique) sont deux troubles fréquemment associés à l’oligospermie (concentration anormalement faible de spermatozoïdes dans l’éjaculat). Ensemble, ces anomalies constituent ce que l’on désigne couramment sous le terme de « spermogramme altéré », une cause majeure d’infertilité masculine.
Les origines de ces troubles sont multiples et souvent multifactorielles. Elles incluent notamment des facteurs génétiques (comme les microdélétions du chromosome Y ou le syndrome de Klinefelter), des anomalies anatomiques (varicocèle, obstruction des voies séminales), des infections urogénitales chroniques (orchite, épididymite), des déséquilibres endocriniens (hypogonadisme hypogonadotrope, hyperprolactinémie), ainsi que des expositions environnementales délétères (chaleur testiculaire prolongée, pesticides, métaux lourds, tabagisme, consommation excessive d’alcool ou de cannabis). Certains traitements médicamenteux (comme les androgènes exogènes ou les chimiothérapies) et des pathologies systémiques (diabète non équilibré, obésité sévère, syndrome des ovaires polykystiques chez le partenaire féminin dans un contexte de couple infertile) peuvent également contribuer à la détérioration de la qualité spermatique.
La prise en charge repose sur une évaluation complète : anamnèse détaillée, examen clinique avec palpation scrotale, dosage hormonal (FSH, LH, testostérone totale et libre, prolactine, inhibine B), échographie scrotale et spermogramme selon les critères de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, 6e édition). En cas de suspicion génétique ou d’obstruction, des examens complémentaires tels que le caryotype, le test de microdélétion Y ou la recherche de spermatozoïdes dans le liquide prostatique peuvent être indiqués.
Le traitement est adapté à la cause identifiée. Un varicocèle symptomatique ou associé à une altération spermatique significative peut bénéficier d’une correction chirurgicale (varicocélectomie) ou d’une embolisation percutanée. Les infections nécessitent une antibiothérapie ciblée après prélèvement bactériologique. Les déséquilibres hormonaux font l’objet d’une rééquilibration spécifique (ex. : traitement par gonadotrophines chez l’hypogonadisme hypogonadotrope). Dans les formes idiopathiques ou résistantes, l’assistance médicale à la procréation (AMP), notamment la fécondation in vitro avec injection intracytoplasmique de spermatozoïde (FIV-ICSI), constitue une option thérapeutique validée et efficace.
Parallèlement, des mesures hygiéno-diététiques sont systématiquement recommandées : arrêt du tabac et du cannabis, limitation de l’alcool, gestion du poids corporel, éviction des sources de chaleur testiculaire (saunas, bains chauds prolongés, vêtements trop serrés), supplémentation antioxydante (vitamine C, vitamine E, zinc, sélénium, coenzyme Q10) sous surveillance médicale, et activité physique régulière modérée. Ces interventions, bien que non curatives en elles-mêmes, peuvent améliorer significativement les paramètres spermatiques chez certains patients.